La Bundesliga a un leader parfait. Après quatre journées, Borussia Dortmund affiche quatre victoires, douze points et seulement deux buts encaissés. Le BVB a pris les commandes avant la trêve internationale en allant s’imposer 1-0 à Stuttgart, grâce à Maximilian Beier.
Le classement est encore jeune, mais la dynamique est suffisamment nette pour poser une première question : Dortmund peut-il réellement obliger le Bayern Munich à jouer une course au titre jusqu’au bout ?
Pour l’instant, l’équipe de Niko Kovač fait exactement ce qu’on attend d’un candidat crédible. Elle gagne les matchs qu’elle doit gagner, concède très peu et ne laisse pas de points en route. Avec neuf buts marqués pour deux encaissés, Dortmund n’a pas besoin de dominer chaque rencontre pour avancer.
À Stuttgart, le BVB n’a pas livré une démonstration offensive. Il a surtout montré une qualité essentielle dans une saison longue : savoir gagner un match fermé. Beier a transformé un centre de Jobe Bellingham à vingt minutes de la fin et Dortmund a conservé son avantage jusqu’au bout.
Ce type de victoire compte particulièrement lorsqu’on essaie de suivre le rythme du Bayern.
Car derrière le leader, Munich ne donne absolument pas l’impression d’une équipe en difficulté. Le champion compte dix points, deux de moins que Dortmund, mais possède déjà la meilleure attaque du championnat avec quatorze buts en quatre journées. Sa dernière prestation avant la trêve a même ressemblé à un avertissement : 7-0 contre l’Union Berlin.
Harry Kane a inscrit un doublé lors de cette rencontre et atteint les 100 buts en Bundesliga en seulement 98 apparitions, plus rapidement que n’importe quel joueur avant lui. Michael Olise a ajouté un triplé, tandis que Jamal Musiala et Ismael Saibari ont également marqué.
Ce résultat rappelle le paradoxe du début de saison allemand. Dortmund occupe la première place, mais le Bayern conserve la capacité de produire des écarts que très peu d’équipes peuvent suivre sur la durée.
La différence actuelle entre les deux clubs tient davantage à la régularité qu’à un écart évident de niveau. Le BVB a pris tous les points disponibles. Le Bayern en a laissé deux en route. À ce stade, cela suffit à modifier la hiérarchie.
La question est de savoir si Dortmund pourra maintenir cette efficacité lorsque le calendrier se densifiera. Le club doit également gérer la Ligue des champions, où il a commencé par une victoire 3-2 contre Villarreal avant plusieurs rendez-vous européens au mois d’octobre.
Le Bayern sera soumis à la même contrainte. Pour les deux équipes, la période qui suit la trêve permettra donc de mesurer la profondeur réelle des effectifs et leur capacité à enchaîner championnat et Europe sans perdre de terrain.
Un rendez-vous est déjà entouré en rouge : le 31 octobre, Bayern Munich recevra Borussia Dortmund à l’Allianz Arena.
D’ici là, quatre journées de championnat peuvent encore modifier complètement le classement. Dortmund peut arriver à Munich toujours en tête. Le Bayern peut reprendre la première place avant même le choc. Freiburg, actuellement à égalité de points avec les Bavarois, peut également continuer à perturber le duel attendu.
Il serait donc prématuré de réduire toute la Bundesliga à Bayern contre Dortmund après seulement quatre journées. Mais les deux géants ont déjà installé les termes du débat.
D’un côté, Dortmund possède le meilleur bilan comptable possible et une défense qui encaisse peu. De l’autre, le Bayern avance avec une force offensive considérable et un Harry Kane toujours plus historique.
La Bundesliga n’a pas encore livré sa hiérarchie définitive. Pour la première fois de la saison, elle commence toutefois à offrir quelque chose de plus intéressant qu’un simple favori : une vraie tension entre le leader actuel et le champion qui le poursuit.
