Une victoire, puis plus rien
Le contraste est brutal. Le 21 août, Marseille ouvrait sa saison par une victoire 4-0 contre Strasbourg au Vélodrome. Une première journée presque idéale, quatre buts, trois points et l’impression que le nouveau cycle de Bruno Genesio pouvait démarrer sur des bases solides.
Depuis cette soirée, l’OM n’a plus gagné.
Monaco a d’abord battu Marseille 2-0. Paris FC est ensuite venu s’imposer 3-2 au Vélodrome. Rennes a gagné 1-0. Beşiktaş a infligé un 4-1 aux Marseillais pour leur entrée en Ligue Europa. Puis le PSG est reparti du Vélodrome avec une victoire 2-1 dans le Classique.
Le bilan est donc simple : cinq défaites consécutives toutes compétitions confondues, dont quatre en championnat. Après cinq journées de Ligue 1, Marseille n’a que trois points et occupe la 17e place, devant seulement Le Havre.
Ce n’est plus un mauvais passage isolé. C’est déjà une séquence qui pèse sur toute la lecture du début de saison.
Le classement rend l’urgence impossible à minimiser
La Ligue 1 est encore très jeune, mais Marseille a déjà dix points de retard sur Monaco, leader avec 13 unités. Même le PSG, pourtant seulement sixième, possède cinq points d’avance sur l’OM.
Les chiffres offensifs ne suffisent pas à masquer le problème. Marseille a marqué sept buts en cinq journées, dont quatre lors du seul match remporté contre Strasbourg. Depuis, l’équipe n’a inscrit que trois buts en quatre rencontres de championnat.
Surtout, l’OM a perdu contre des adversaires très différents. Monaco l’a dominé sans concéder. Paris FC est venu gagner au Vélodrome dans un match beaucoup plus ouvert. Rennes a imposé un scénario fermé. Le PSG a pris le dessus dans le Classique. Il n’existe donc pas un seul type de match qui explique la série.
C’est probablement ce qui rend la situation plus préoccupante. Lorsque les défaites viennent toujours de la même faiblesse, il existe au moins un problème identifiable. Marseille, pour l’instant, trouve plusieurs manières de perdre.
Le projet Genesio est déjà sous pression
Bruno Genesio n’est arrivé que cet été. Il a signé pour deux saisons après le départ d’Habib Beye et hérite d’un club qui avait terminé cinquième du précédent championnat, hors des places de Ligue des champions.
Il serait donc absurde de tirer des conclusions définitives après quelques semaines. Un entraîneur a besoin de temps pour installer ses principes, construire des automatismes et intégrer un effectif remodelé. Mais l’OM est aussi un club où le calendrier médiatique avance beaucoup plus vite que le calendrier sportif.
À Marseille, cinq défaites consécutives créent immédiatement un autre environnement. Chaque choix tactique est davantage discuté, chaque composition devient un signal, chaque erreur individuelle alimente la pression autour du groupe.
Genesio ne joue donc pas encore son avenir à Troyes. Mais il joue déjà quelque chose d’important : la possibilité de reprendre le contrôle du récit autour de son équipe.
Le 4-1 à Beşiktaş a aggravé le malaise
La Ligue Europa aurait pu offrir une respiration. Elle a produit l’effet inverse.
Pour son premier match européen de la saison, Marseille s’est incliné 4-1 sur le terrain de Beşiktaş. Une lourde défaite, immédiatement suivie quelques jours plus tard par celle contre le PSG.
Deux compétitions, deux revers, six buts encaissés en quelques jours. La trêve internationale est donc arrivée au moment où l’équipe avait probablement le plus besoin de couper avec la succession des matchs.
Mais elle ne peut pas effacer ce qui précède. Au contraire, la reprise va immédiatement demander une réponse.
Troyes devient beaucoup plus important qu’un simple match de reprise
Le 11 octobre, l’OM se déplacera à Troyes. Sur le papier, ce n’est pas le rendez-vous le plus prestigieux de sa saison. Dans le contexte actuel, c’est probablement l’un des plus importants.
Troyes compte quatre points, soit un de plus que Marseille. Les deux équipes occupent donc les dernières places du classement. Pour l’OM, une victoire permettrait de dépasser immédiatement son adversaire et de sortir de la zone rouge. Une nouvelle défaite aurait exactement l’effet inverse : Marseille resterait englué tout en permettant à un concurrent direct de creuser l’écart.
Il est encore tôt pour parler de lutte pour le maintien. Le potentiel de Marseille et la longueur de la saison rendent cette hypothèse beaucoup trop prématurée. Mais le tableau de classement, lui, est réel. Et lorsque l’OM est 17e après cinq journées, il ne peut pas se comporter comme si le rendez-vous suivant était ordinaire.
L’Olympiakos arrive quatre jours plus tard
Le problème est que Marseille n’aura pas beaucoup de temps pour respirer.
Quatre jours après Troyes, l’OM recevra l’Olympiakos en Ligue Europa. Puis viendront Angers en championnat, un déplacement à Sturm Graz en Europe et la réception du Havre.
Cette séquence peut complètement changer la saison. Elle contient plusieurs matchs que Marseille peut raisonnablement ambitionner de gagner. Elle offre donc une opportunité de transformer rapidement la dynamique.
Mais elle comporte aussi un risque évident. Si l’OM ne parvient pas à redresser la situation face à Troyes puis l’Olympiakos, la série négative s’étendra à un moment où le calendrier est justement censé offrir des possibilités de relance.
C’est pourquoi le match de reprise prend autant d’importance. Marseille n’a pas simplement besoin d’un résultat positif. Il a besoin de créer un point de rupture avec tout ce qui s’est passé depuis la première journée.
Le Vélodrome attend déjà une réaction
Le paradoxe de ce début de saison est que les supporters marseillais n’ont finalement connu qu’une seule soirée de championnat réellement positive : la première.
Depuis, Paris FC et le PSG sont venus gagner au Vélodrome. Pour un club qui construit une grande partie de son identité autour de la pression de son stade, perdre deux de ses trois premiers matchs de Ligue 1 à domicile est un signal particulièrement difficile à accepter.
Le public marseillais peut supporter une équipe imparfaite. Il peut accompagner une reconstruction. Mais il demande généralement une intensité et une réaction lorsque la situation devient difficile.
La prochaine rencontre au Vélodrome, contre l’Olympiakos, arrivera donc avec un enjeu qui dépassera déjà l’Europe. Elle permettra de mesurer si l’équipe a réellement utilisé la trêve pour retrouver de l’énergie et de la confiance.
Marseille doit empêcher une mauvaise série de devenir une mauvaise saison
C’est encore la principale nuance à conserver. L’OM n’a disputé que cinq matchs de championnat. Il reste 29 journées. Un mois réussi suffit largement pour remonter plusieurs places dans un classement encore compact.
Mais les saisons qui dérapent commencent souvent de cette manière : quelques défaites considérées comme récupérables, une pression qui augmente, des matchs abordables qui deviennent soudainement difficiles à jouer, puis un retard qui oblige à courir après les résultats.
Marseille possède encore suffisamment de temps pour éviter ce scénario. C’est justement pour cela que la reprise est si importante.
Le mot « crise » peut toujours sembler excessif lorsqu’une saison vient à peine de commencer. Mais après cinq défaites consécutives toutes compétitions confondues, une 17e place en Ligue 1 et seulement trois points pris sur quinze, l’OM n’est plus dans une simple période d’ajustement.
Troyes ne décidera pas de sa saison. Mais ce match dira déjà si Marseille a commencé à la reprendre en main.
